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Avis/conseils/critiques pour une jeune cavalière...

72 réponses [Dernière contribution]
Margot
Déconnecté
Inscrit: 27/05/2010

Bonjour, ou bonsoir,

Faisant partie des "membres fantômes" du forum lisant les discussions sans jamais poster, je me lance enfin...
Je fais donc ma première année de CPGE pour préparer le concours des écoles vétérinaire. Mes études étant sur Paris, je n'ai plus le temps d'aller monter ma jument que les week-end. Depuis un peu moins de deux ans, j'ai arrêté de monter pendant les cours. A 18 ans, ce n'est peut-être pas raisonnable, surtout que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Sauf que c'est la seule façon pour moi de pouvoir travailler ma jument comme je le sens, lui laisser des "instants de récréations" quand je juge qu'il le faut, de tester, de prendre mon temps, ou de descendre après 20 minutes parce qu'elle aura bien fait. J'ai donc beaucoup lu pour combler ce manque: Beudant, P. Karl, Oliveira, D'Orgeix, Racinet... (On sent les lectures à peine orientées... ^^)

Bref, peut-être qu'une petite présentation de la bête s'impose-t-elle:
Little Mary (Lili pour les intimes), va prendre 13 ans en avril (que le temps passe vite...). Nous nous connaissons depuis bientôt 6 ans, mais je n'en suis sa propriétaire que depuis presque 4 ans. C'est une SF x PSAr, elle mesure environ 1m64, et elle a fait les courses de steeple quand elle avait 3 ans (d'où un problème dans son travail au galop que nous rencontrons...).
Physiquement, elle est plutôt fine, encolure longue (son ancien surnom était "La girafe"), et elle a un petit défaut dans le dos (sa queue n'est pas dans l'alignement... Elle a vu l'ostéo plusieurs fois, et apparemment il n'y à rien à faire.)

Petites photos:
20 avril 2008: elle venait juste de débarquer du van, le jour où je l'ai achetée:

Plus récemment:

Elle a une bonne base sur le plat, nous avons pas mal travailler pour perfectionner les reculers, les épaules en dedans (qui sont parfois pas trop mal au pas, au trot c'est plus délicat), les cessions de hanches...

Petites photos de cette année, au boulot:

J'aimerai connaître votre avis :) Et si vous avez des "astuces" pour son petit problème au galop, à savoir qu'à peine je pense le départ que je la sens qui monte en pression avant que je n'ai demandé quoi que ce soit, et lorsqu'elle galope j'ai l'impression qu'elle "stresse", j'ai beaucoup de mal à la décontracter et à la rééquilibrer, et elle galope précipitemment...

PS: samedi signe le début des vacances pour nous, j'irai sûrement aux écuries tous les jours, donc j'aurai plus de possibilité pour la travailler: on a à notre dispotition un petit manège (bien pratique pour l'hiver, même si il est très petit), une carrière en plastique de taille moyenne, et une grande carrière en sable. Malheureusement, les chemins de balades ont été cultivés par les agriculteurs du coin...

MULOT Serge
Déconnecté
Inscrit: 17/03/2006

bonsoir Margot,

Je ne me permettrais pas de critiquer. Je vais juste donner mon avis...qui vaut ce qu'il vaut, sans plus.

Au modéle sur les photos disponibles:
je retiens la photos 3: belles allures probablement expliquées par les rayons et surement une belle épaule que je ne vois pas correctement > mettre une photo en place si possible.
la jument est fine, légère de par ses origines courses, bon engagement naturel même sur son épaule.

photo 6 : jambe à la sangle, coudes corrects

photo 7 et 8 : la jument engage trés bien.

Le probléme du galop c'est simplement parce qu'on a demander à la jument de partir comme une bombe en steeple. Pour corriger cela, il faut prendre son temps. Eduquer la jument à ne pas partir même si elle vous entend penser au galop. Utilisez la voix, trés séchement au début et regarder si elle a compris par la réaction de ses oreilles. Malheureusement il faut parfois donner un coup de sonnette au moment de votre voix mais ne jamais garder le contact. Jamais.

Voila pour l'instant ce que je vois.

Amicalement

Serge

Cordialement Serge

FARNAULT Philippe
Déconnecté
Inscrit: 25/07/2006

 Bonsoir,

Mademoiselle, n'acceptez pas d'être conseillée ainsi : " Malheureusement il faut parfois donner un coup de sonnette au moment de votre voix... " Serge Mulot.

 Ce n'est pas raisonnable : Serge vous transmet aveuglément ce conseil de Jean d'Orgeix...

 Si vous n'avez toujours pas réglé (depuis 6 ans que vous la montez) les difficultés que vous rencontrez au départ au galop, ne prenez pas le risque d'inquiéter plus votre jument aujourd'hui. Il est même à peu près sûr que ce "coup de sonnette" soit amorti par l'encolure de la jument qui va ainsi se protéger...

C'est votre comportement physique qu'il va falloir modifier au moment du départ au galop. Il est difficile de vous transmettre la sérenité dont vous aurez besoin à ces moments précis pour ne pas " téléphoner " à votre jument le stress dont vous parlez.

Pour tenter de corriger ce défaut, s'il ne provient pas d'une gêne physique de la jument, vous devez dès le pas vous habituer à la laisser passer devant vous et puis au trot.
Durant le temps de vos vacances exercez-vous à cela, en ayant toujours présent à l'esprit que vous le faites pour améliorer "votre galop" et celui de la jument.

 Amicalement.

KATZ Yves
Déconnecté
Inscrit: 17/03/2006

Elle a une bonne base sur le plat, nous avons pas mal travailler pour perfectionner les reculers, les épaules en dedans (qui sont parfois pas trop mal au pas, au trot c'est plus délicat), les cessions de hanches...

Ma question est la suivante: que recherchez vous lorsque vous proposez ces exercices à votre jument?. Car EED, reculers et autres ne sont pas faits uniquement pour le plaisir de les voir exécuter; ce sont des exercices de gymnastique qui ont chacun leur utilité.........

Pour ce qui est de votre problème au galop, outre le fait que votre jument a eu au départ une éducation où galop voulait dire "va vite", on ne peut vous aider qu'en voyant le couple au travail. C'est le genre de problème pour lequel on ne peut proposer uen solution, en étant sûr que c'est la bonne si on ne voit pas le couple en mouvement. Trop de facteurs entrent en ligne de compte et Inetrnet a ses limites............

Amicalement, yves KATZ http://educaval.forum-pro.fr/

MULOT Serge
Déconnecté
Inscrit: 17/03/2006

Bonsoir Philippe,

Je crois que vous interpreter très mal les propos écrits. comme dit Yves, sans voir, c'est guere possible.

Une des particularité du dressage, c'est qu'on ne dit rien au cheval avec la voix.
je n'utilise et ne tolére ni stick, ni éperons, ni cravache, ni bride qui sont des artifices bien plus coercitifs que le petit rappel à l'ordre dit "sonnette". Ca ne veux pas dire tirer !
le dressage utilise la bride pour faire ceder rapidement et sans discution.

au fait, en dressage vous êtes toujours au contact. Alors je cite une question que demandait Jean d'Orgeix =
"" a quel moment le cheval est à l'appui léger ou à quel moment il tire ?""

Merci de répondre à cette question.

Cordialement

Serge

Cordialement Serge

FARNAULT Philippe
Déconnecté
Inscrit: 25/07/2006

Bonjour Margot,

En laissant passer votre cheval devant vous simplement au pas par exemple, vous allez sentir vos doigts s'ouvrir pour lui laisser (lui offrir) cet espace que vous créez.
Vous arriverez à ce point de compréhension que plus vous ralentirez son allure plus vous le laisserez avancer dans son allure lente.
Que enfin ralentir un cheval, ce n'est pas l'empêcher d'avancer... Cela est important lorsque vous aborderez le galop où vous allez être tenté de le tenir pour éviter sa précipitation. 15 jours de vacances ne suffiront pas, c'est le travail d'une vie...
Profitez de ce cheval difficile pour commencer.
Faites-lui sentir que vous aimez ses mouvements, confiez votre corps à ses mouvements jusqu'à ce que vous sentiez qu'il prend soin de vous en retour.

 Amicalement.

Margot
Déconnecté
Inscrit: 27/05/2010

Yves -> C'est surtout pour lui gymnastiquer l'arrière-main, et lui apprendre à ne pas trop reporter de poids sur les épaules, afin de commencer doucement à "l'asseoir", afin qu'elle vienne se grandir. Et aussi pour moi, pour m'apprendre à mieux gérer le dosage dans les aides.

Serge -> Je ne garde jamais de contact constant avec sa bouche et j'agis plutôt prendre/rendre... Et descente de main dès que possible.
Au galop, où j'essaye d'agir principalement sur le 3ème temps, j'arrive alors un peu mieux à la rééquilibrer pour qu'elle tombe moins sur ses épaules. Et lorsqu'elle galope je suis souvent en train de lui parler: "Doucement ma belle", "Hoola, tout va bien", afin de faire redescendre la pression. Pas de "coup de sonnette" donc, mais peut-être vouliez-vous dire le genre de mot (une espèce de "aïe aïe aïe", dit calmement mais fermement) que j'utilise pour lui indiquer qu'elle n'est pas sur la bonne voie ?

Philippe -> Je ne pense pas que ce problème vienne d'une gêne physique de la jument, car certains jours elle arrive à se tenir et on galope alors à peu près "normalement", ou au moins réussir quelques cercles dans la descente de main.
"Ralentir un cheval, ce n'est pas l'empêcher d'avancer.". Bien vu, je ne voyais pas forcément la chose sous cet angle. L'image me parle bien, ça va sûrement m'aider. :)
Bien sûr que ce n'est pas le temps des vacances qu'on y arrivera, mais à faire "moins pire" en général, oui. Après il faut que les bonnes habitudes restent...

En tous cas, merci à tous d'avoir pris le temps de répondre :)
Je posterai des vidéos dès que j'en aurai.

Amicalement.
Margot.

MULOT Serge
Déconnecté
Inscrit: 17/03/2006

Bonsoir Margot,

C'est cela, un ordre sec ! Qui doit la faire réfléchir. Pas une phrase, un NON sec, puissant .
Juste une question, comment faites-vous pour la mettre sur son arriére main ?

Amicalement

Serge

Cordialement Serge

PODER Catherine
Déconnecté
Inscrit: 17/03/2006

Bonsoir Margot,

Après qu’un œil extérieur vous ait confirmé que vous ne gênez pas votre jument dans le départ et le temps de galop, voici une autre proposition pour transformer l’appréhension du galop (la vôtre, celle de la jument ?) en jeu, en joie.

1/ Décidez de supprimer le temps de galop dans votre séance de travail.

2/ Une fois à cheval, faites vos exercices en vous mettant en « mode intuition », "Délaissez la technique et montez avec votre coeur" (Nuno Oliveira) : à un moment, vous allez sentir votre jument dans l’attitude/l’équilibre du départ au galop (en fin d’EED, en cercle dans un coin de la carrière, après un reculé). Pensez « galop » et « vous allez sentir vos doigts s'ouvrir pour lui laisser (lui offrir) cet espace que vous créez» mentalement et qu’elle est prête à investir. (Merci Philippe)

3/ Respirez ! Souriez ! Les chevaux sont rassurés quand ils nous sentent détendus et joyeux !

4/ 3,4,5 foulées de galop…Mais vous ne vouliez pas galoper aujourd’hui…Visualisez la transition au trot et Lili le fait.

5/ Au pas, rênes longues, riez cette fois avec votre jument : vous vous êtes comprises.

Recommencer chaque fois que la sensation d’équilibre et d’harmonie surgit entre vous deux…Et le temps de galop s'allongera, et le galop deviendra jeu.

 Bonnes vacances !

FARNAULT Philippe
Déconnecté
Inscrit: 25/07/2006

 Bonjour,

Vous écrivez : " Little Mary a un petit défaut dans le dos, sa queue n'est pas dans l'alignement..."

Je sais qu'elle a été vue par un ostéopathe, mais j'ai envie tout de même de noter ce passage du livre du docteur Dominique Giniaux :
" Le blocage du sacrum est pratiquement toujours associé à un défaut du port de la queue..." et rajoute en donnant sans doute raison à votre ostéopathe : ..." mais l'inverse n'est pas toujours vrai." (dans : Les chevaux m'ont dit)

Amicalement.

Bruno dLB.
Déconnecté
Inscrit: 24/11/2007

Bonjour,
Pour répondre à vos attentes, voci parmi les réponses, mon avis.

je juge aussi sur photos alors que je souhaiterai une palpation de la jument et prendre connaissance de ses fonctionnements articulaires et musculaires.

Photo 1.
Votre jument manque un peu d'état. Quelques kilos de plus ne lui seraient pas nuisibles. Souvent les chevaux dans cet état, ont les muscles secs, sensibles au toucher et aux allongements limités.
Là, il serait bon de pouvoir contrôler, en passif, les amplitudes, .....
Vous pouvez aussi lui donner Natrum muriaticum 9ch 5 granules par jour.

Photo 3.
En liberté, la posture montre un disfonctionnement du rachis. En effet, chez le cheval sain, et pour que le dos travaille, le garrot doit s'élever et le basin s'incliner.
Chez votre jument, le garrot reste bas, et c'est donc l'encolue-tête qui remonte (encolure de cerf) pour dégager les épaules. Le point fixe et bas se retrouve derrière le garrot (T 7-8-9) interdisant la rotation du bassin et donc l'engagement des postérieurs. C'est le mécanisme du dos plat !

photo 4;
Il semble que le terrain couvert par les postérieurs soit plus important que celui des antérieurs (ce qui me confirmerait)

photos 5-6.
Au travail monté, tant que votre jument basculera son chanfrein, que la ligne des yeux ou des oreilles ne sera pas horizontale, vous devez considérer qu'il y a compensation.

Autres photos,
Bonnes attitudes et postures de travail selon ce que je peux voir.

Cette jument a couru et, elle garde les séquelles d'un travail violent. (mais les départs en steeple ne sont pas aussi violents et rapides que ceux des courses de plat).  Ne cherchez pas de cause à effet de ce côté.
Si elle demande de la vitesse au galop, ce n'est pas par habitude mais par souffrance. Il faufrait lui faire un examen (palpation) musculaire pour assurer cela.

Vous chercher un moyen de la sortir de ses ornières, voici ce que je recommande dans ces cas.
— Et ceci n'engage que moi et les chevaux soumis à ce petit travail —
1 travailler gentillement sans chercher l'amplitude, sans forcer, rester toujours en deça de ses capacités.
2 travailler la bouche à hauteur de la pointe de l'épaule, chanfrein un peu ouvert,  la ligne des oreilles et des yeux horizontale, sans chercher la verticalité du chanfrein. Angle tête/encolure un peu ouvert en proportion du bassin.
Dans cette position, (aux deux mains)
marchez droit, en conservant toujours le bout du nez légèrement sorti (Pour arrondir le dessus, engager les postérieurs, ouvrir les apophyses épineuses et prévenir ainsi tous blocages. Vous réaliserez alors la loi tri-dimensionnelle du Dr Giniau : une thérapie de bon aloi.)
faites une épaule en dedans (pas plus de 5 battues)
faites un tout petit cercle autour des hanches en marchant (si elle ne réussit pas limitez au 1/4 ou 1/2 cercle)
faites un tout petit cercle autour des épaules en marchant (si elle ne réussit pas idem)
Ne travaillez pas le reculer pour le moment.
Faites quelques pas très ralentis et décomposés (pas compté, cf. Racinet : L'équitation de légèreté)
Que vos séances soient courtes, non forcées, et détendues. Prenez ce que la jument vous donne et ne demandez pas plus.
N'allez JAMAIS dans le "rouge". C'est par la justesse et la rectitude des mouvements que vous récupèrerez votre jument.

Lorsque ces exercices seront "coulés" un jour, à partir du pas compté, la jument en équilibre, vous donnera un départ au galop cadencé sans tirer, équilibré.
Le cas de votre jument n'est pas unique. Patience et douceur sont les maitres mots.

Gardez bien en mémoire le conseil de Philippe à propos d'un certain "coup de sonnette" c'est une mauvaise technique de gens pressés dont le résultat est loin d'être garanti.
L'orthodoxie équestre est une médecine.

Bon courage .